Phitanie – Vers un nouveau combat

Adossé au tronc massif d’un Ausz, Emmeran écoutait le silence inquiet de la nuit. Son visage était éclairé par de petites lucioles qui lévitaient autour de l’arbre pour le protéger d’une magie enchanteresse. Les odeurs de la forêt étaient celles qui d’ordinaire l’apaisaient le plus. Pourtant, ce soir, l’ambiance confortable ne suffisait pas à le tranquilliser. Demain, c’était l’Iyali. Le jour consacré aux liens du sang. Le jour qui rappelait l’importance de la famille et la force de son union. Et jamais il ne s’était senti aussi loin de la sienne.

Ses parents avaient tous les deux le pouvoir de contrôler l’Eau, ils étaient ce que l’on appelle des Moundi. Alors que les enfants de ces êtres à part héritaient souvent du don de leurs parents, Emmeran, lui, n’avait pas eu cette chance et avait dû apprendre à vivre avec sa différence. Enfant, c’était sa fierté qui en avait pris un coup. Il avait toujours voulu faire partie de cette élite capable de magie. Mais en grandissant, il avait compris à quel point le savoir et l’importance des Moundi dépassaient le simple aspect ludique de leurs pouvoirs. Ils occupaient souvent des postes décisionnels dans la cité, et détenaient des informations qu’ils prenaient soin de garder secrètes. Surtout, Emmeran sentait qu’ils pouvaient leur imposer leur volonté sans qu’ils ne puissent se défendre.

Cette idée s’était renforcée lorsqu’il avait appris que le roi Valdaraus, capable de maitriser le Vent, kidnappait les enfants des Moundi pour tenter de dominer le monde. Il était alors âgé de douze ans, et la sœur de son meilleur ami Arthus en avait été victime.  Emmeran avait ainsi réalisé combien le roi, tout comme les autres Moundi mal intentionnés, pouvaient être dangereux. Combien la soif de pouvoir devenait une menace pour l’équilibre de son monde lorsqu’elle était mêlée à la magie. Ses parents le tenaient à l’écart de tout ce qu’ils savaient, de tout ce qu’ils voyaient. Pour le protéger ? Ou parce qu’il n’était pas comme eux ? Une seule chose était sûre, il ne pouvait pas rester là sans rien faire.

Des brindilles craquèrent à quelques mètres de lui. Instinctivement, Emmeran porta la main à l’épée qu’il avait volée à son père des années auparavant.

—Tu es en retard, se détendit-il lorsqu’il vit apparaître Ivy.

—Oui, ça va, je sais. Mes parents ont mis du temps à s’endormir.

—Tu es de mauvaise humeur ?

La jeune fille de seize ans roula des yeux et dégaina son épée.

—J’ai besoin de me défouler.

Ivy et Emmeran s’étaient rencontrés à l’Institut, l’école réservée aux non Moundi. Ils étaient tout de suite devenus amis, se découvrant la même envie de se battre contre Valdaraus. Ivy avait pourtant des raisons différentes de celles d’Emmeran de rejoindre cette bataille ; les soldats de Valdaraus avaient abattu son grand frère des années auparavant sans la moindre raison. Malgré leur jeune âge, ils avaient rapidement convenu d’une solution pour se dresser contre le roi : ils se retrouvaient trois fois par semaine en toute illégalité depuis maintenant trois ans pour s’entrainer au combat.

Emmeran sortit son arme de son fourreau et la serra fermement dans sa main droite. Il redressa sa lame et attendit qu’elle fasse le premier pas. Ivy ne s’y laissa pas inviter deux fois et fonça droit sur lui. L’adolescent s’était attendu à ce qu’elle déferle sa rage sur lui. Il s’écarta légèrement et la laissa le dépasser, entrainée par son élan. Ivy était vive, elle se retourna rapidement et tenta de lui asséner un coup à l’épaule. Mais elle mettait encore trop de fougue dans ses gestes. Emmeran parvint ainsi sans mal à l’évincer sous le regard courroucé de son amie. Sa queue de cheval blonde battit encore plusieurs fois l’air avant qu’Ivy ne parvienne à évacuer complètement son énervement et à se concentrer. Emmeran distingua ce changement dans le comportement de son adversaire et fit davantage attention aux détails du combat. Ivy était redoutable quand elle le voulait.

Celle-ci virevolta pendant les deux heures qui suivirent, enfermant les deux adolescents dans une danse meurtrière. Finalement, ils s’installèrent sur un bout de roche juste à côté de leur camp d’entrainement du jour, dégoulinants de sueur.

—Tu avais l’air particulièrement agacée aujourd’hui. Tu veux en parler ?

Elle haussa les épaules.

—Draedre a essayé de m’embrasser après les cours.

Emmeran partit dans un fou rire.

—Ce pauvre garçon n’a toujours pas compris que tu n’étais pas une fille sortable !

Elle le fusilla du regard et fit mine de dégainer son arme, mais il resta de marbre.

—Enfin, je lui accorde au moins le fait qu’il ait été courageux. Je n’en connais pas beaucoup qui auraient essayé de t’approcher sans ton accord explicite.

Un sourire en coin lui échappa.

—Je ne suis pas une fille facile. Mais surtout, pourquoi est-ce qu’ils pensent tous que je veux sortir avec eux ? Je n’ai pas besoin d’avoir un petit copain, je suis tout à fait capable de me défendre toute seule.

—Ne fais pas semblant de ne pas comprendre. Ils ne cherchent pas à te protéger, ils en seraient bien incapables. Ils te trouvent juste jolie et veulent passer plus de temps avec toi.

Elle grimaça.

—Pourquoi tout ne peut pas être aussi simple qu’avec toi ?

—Parce que moi, je ne te trouve pas jolie.

Elle éclata de rire.

—C’est sûr que lorsqu’on voit toutes les filles qui te tournent autour, je ne suis pas dans le même genre. De là à dire que ce sont elles qui sont belles et moi moche…

Il se jeta sur elle pour lui faire des chatouilles en guise de représailles, la seule attaque contre laquelle son amie avait bien du mal à se défendre. Comme il l’avait prévu, elle se tordit dans tous les sens sans parvenir à lui échapper. Quand enfin ses gloussements se furent calmés, elle se redressa avec un large sourire.

—Allez, on y va ? On a encore du chemin à faire pour retourner dans la cité. On va être complètement crevés demain à l’Institut.

Ils attrapèrent leurs épées et les rangèrent quand un bruit de pas les interpella. Ils s’observèrent d’une mine inquiète et portèrent instinctivement leurs mains à leurs armes. Ils ne pourraient pas échapper à leurs visiteurs. L’appréhension monta d’un coup, faisant battre leur pouls contre leurs tempes. Si c’était des gardes : oseraient-ils mener combat ?

Un grognement se fit entendre et une grande masse brune sortit de derrière un arbre.

—Papa ? souffla Emmeran, ébahi.

—Je ne sais même pas par où commencer ! dit-il, furieux. Qu’est-ce que tu fais ici à cette heure ? Qui t’a donné l’autorisation de quitter la maison ? Et Ivy, tes parents sont-ils au courant que tu es là ?

Il détailla alors l’épée qu’il tenait dans la main, la remarquant à peine.

—Mais, c’est l’épée que j’avais perdue ! Emmeran, c’est quoi cette histoire ? Je te préviens, tu as intérêt à avoir une bonne raison pour que je ne te livre pas moi-même aux gardes de la cité !

Oh-Oh. S’il en venait à parler des gardes de la cité, ça ne valait rien qui vaille. Emmeran savait que son père les avait en horreur.

—Ecoute, ce n’est pas ce que tu crois. Enfin si, peut-être mais…

—Finalement, je n’ai rien envie d’entendre. Donne-moi tout de suite cette arme avant que tu ne te blesses avec ce que tu prends pour un simple jouet d’enfant.

Cette fois, Emmeran vit rouge. Ça faisait bien trop longtemps qu’on le maintenait à l’écart de tout. Lui aussi était capable de se battre, de prendre des décisions, de s’engager dans le combat contre Valdaraus auquel il savait que ses parents prenaient part.

—Arrête ! hurla-t-il. Je ne suis plus un enfant. Et ce n’est pas parce que je n’ai pas obtenu le don de maitriser un élément que je suis bon à rien. Toi et maman ne m’avez pas laissé le choix. Je vous ai montré de nombreuses fois ma volonté de me battre à vos côtés pour lutter contre la tyrannie de Valdaraus et protéger les habitants de la cité. Je vous ai supplié de me dire ce que vous saviez, parce que je sais pertinemment que vous en savez bien plus que ce que vous ne le laissez entendre. Alors oui, vous ne m’avez pas laissé le choix. Ça fait trois ans que tous les soirs, je m’entraine avec Ivy au combat pendant que vous dormez. Je sais très bien que ça n’a rien d’un jouet et j’ai appris à le maitriser sans ton aide. Ne fais pas semblant de t’intéresser à moi, c’est la première fois depuis des années que tu te rends compte que je ne dors pas dans mon lit.

Le père d’Emmeran était interdit. Tant à cause des révélations que venaient de lui faire son fils que par le ton qu’il avait osé employer avec lui. Il ne s’était pas rendu compte qu’en voulant le protéger, il avait en réalité dressé un mur entre eux. Ne sachant pas quelle attitude adopter, il demanda finalement après un long silence :

—D’accord, montrez-moi.

Ivy et Emmeran échangèrent un regard interloqué. Voulait-il réellement les voir s’entrainer ? Décidant qu’il s’agissait certainement de leur meilleure – si ce n’est de leur unique – chance de faire leurs preuves et montrer qu’ils étaient prêts à se battre, les deux jeunes se firent face. Emmeran adressa un imperceptible hochement de tête à Ivy qui entama le combat. Ils étaient tous les deux méthodiques et concentrés. Et malgré les deux heures d’entrainement qu’ils venaient d’enchainer, ils étaient toujours redoutables.

Le père d’Emmeran jeta un œil à son fils de seize ans, réalisant pour la première fois à quel point il avait grandi. Il l’aimait et voulait le protéger plus que tout, mais pouvait-il réellement l’empêcher de faire ce pour quoi il était de toute évidence destiné ?

—Venez avec moi, les interrompit-il.

Alors que les deux combattants reprenaient leurs souffles, perplexes, le Moundi mit sa main devant sa bouche et souffla des paroles inintelligibles face au vent. Des gouttelettes d’eau s’échappèrent et s’envolèrent vers la cité. Emmeran et Ivy s’observèrent. Il venait d’utiliser son Donum mais ils n’avaient aucune idée de la nature de son enchantement. Et ils ne savaient pas plus ce que leur réservait le père d’Emmeran.

Celui-ci se mit en route sans un mot. Les deux amis marchèrent à sa suite, sans oser briser le silence. Ils s’étaient attendus à ce qu’il les ramène chez eux, mais le Moundi s’était enfoncé dans des souterrains dont ils n’avaient pas connaissance. Ivy et Emmeran se tenaient droits. Quelle que soit la sanction qu’on leur attribuerait, ils seraient fiers de leur entrainement.

Finalement, un brouhaha s’éleva au bout du couloir dans lequel ils s’étaient engagés. Le père d’Emmeran leur jeta une œillade puis poussa une large porte. Une assemblée circulaire leur faisait face, aux regards encore fatigués et étonnés.

—Alard, pourquoi nous as-tu fait venir ? ronchonna une première.

Derrière elle, Emmeran croisa le regard mortifié de sa mère. Alard leva les bras pour calmer l’assemblée qui lui obéit dans la seconde et s’assit. Parmi eux, Emmeran distingua plusieurs amis de ses parents – tous des Moundi.

—Cette nuit, j’ai remarqué l’absence de mon fils dans son lit. Je suis parti à sa recherche et je l’ai trouvé avec son amie en train de s’entrainer au combat.

Des murmures d’étonnement s’élevèrent dans l’audience.

—Emmeran et Ivy s’entrainent depuis trois ans tous les soirs au combat et je dois admettre qu’ils n’ont rien à envier à certains gardes de notre cité.

Le cœur d’Emmeran se bomba de fierté.

—J’ai été aveugle pendant tout ce temps, et je ne me sens pas la légitimité de prendre une décision. Mon instinct de père me crie de protéger mon fils et de l’empêcher de continuer. Mais en ai-je le droit ou tout simplement les compétences alors que j’ai failli à ma tâche jusque là ?

—Alard, tu as bien fait de nous réunir ce soir. Ce genre de comportement n’est pas à prendre à la légère. Avancez, jeunes gens, s’éleva la voix d’Eméo, l’un des plus vieux Moundi de l’assemblée.

Ivy et Emmeran relevèrent la tête. Ils refusaient de montrer le moindre regret. Le jeune homme jeta néanmoins un regard inquiet à son père, qui contrairement à ce qu’il aurait pensé, lui sourit d’un air gêné.

—Pourquoi vous entrainiez-vous ?

Emmeran n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche que déjà Ivy expliquait leurs intentions.

—Nous voulons défendre les habitants contre Valdaraus et ses gardes. Nous sommes peut-être jeunes mais pas aveugles. Nous savons que le roi est dangereux et qu’il fait en sorte de nous rendre de plus en plus dépendants de lui. Il commet des meurtres, kidnappe des enfants sans en être inquiété. Il faut que cela s’arrête. Nous sommes convaincus que nous ne sommes pas les seuls à penser ça. Et notre présence ici semble le démontrer. Si quelque chose est en train d’être organisé, nous voulons en être. Et tant que vous ne nous prendrez pas au sérieux, nous continuerons à nous entrainer puis à agir dans l’ombre.

—Comment ça, agir dans l’ombre ?

—Nous avons déjà détourné des cargaisons destinées à remplir les estomacs des gardes et les avons déposées anonymement devant les marchands de la cité, annonça-t-elle fièrement.

—Nous aimerions faire plus, continua Emmeran, se rendant compte de la simplicité de leurs actions, mais sans moyens et sans informations, nous n’avons pas vraiment le choix.

Emeo jeta un œil discret à Alard puis au reste de l’assemblée. Il ne semblait pas aussi inquiet ou surpris que son père. Pour autant, Emmeran n’arrivait pas à deviner le fond de sa pensée. Sereinement, il reprit la parole.

—Je ne vais pas vous mentir. Il existe en effet une organisation qui lutte contre le roi en secret et a pour objectif de le mettre en échec. Il s’agit de la Rébellion, dont tous les membres ici présents font partie. Nous avons commencé à monter notre propre armée de sympathisants pour agir sur le terrain, composée de Moundi et de Petra. Je crois comprendre que vous aimeriez la rejoindre. Vous devez néanmoins vous rendre compte qu’en intégrant l’armée rebelle, vous ferez bien plus que du détournement de cargaisons. Vous serez amenés à tuer des opposants. Vous aurez du sang sur les mains, des fantômes dans la tête. Vous êtes jeunes, mais pas assez pour que nous prenions vos agissements à la légère. Nous n’avons pas le choix : soit vous rejoignez nos rangs, soit vous arrêtez vos actions individuelles. Elles sont dangereuses et contre-productives si elles ne sont pas organisées. Si vous intégrez notre base secrète, vous devrez vivre une double-vie, travailler plus dur que les autres, accepter de dormir peu et combattre beaucoup. Ce ne sera pas une partie de plaisir. Il s’agira d’un entrainement intensif auprès des meilleurs pour devenir les plus grands tueurs du royaume. Ou alors vous nous laissez faire notre travail, et vous retournez aux préoccupations de votre âge.

Les poils d’Emmeran et Ivy s’hérissèrent le long de leurs colonnes vertébrales. Ils ne pouvaient pas se tenir la main mais leur proximité les rendait plus forts.

—Notre choix est fait depuis longtemps, répondit Emmeran pour eux.

Emeo s’était attendu à cette déclaration. Il hocha lentement la tête.

—Bienvenue dans la cour des grands.

La foule se dissipa rapidement après l’annonce du vieux Moundi, qui avait convenu de leur entrée dans la Rébellion après l’Iyali. Les parents d’Emmeran s’approchèrent de lui d’un air grave.

—Tu es sûr de ton choix ?

—Certain. Maman, Papa, je suis désolé de ne pas vous en avoir parlé auparavant mais vous ne m’avez pas laissé le choix. Vous ne savez pas ce que c’est que d’être le fils de deux Moundi sans en être un soi-même. Sans connaître les détails de la Rébellion, je savais que vous agissiez dans le dos de Valdaraus pour le pousser à sa perte. Avec cet entrainement, en intégrant l’armée rebelle, j’ai enfin trouvé ma voie. J’ai enfin trouvé un moyen d’être digne de vous, et de vous aider dans votre dessein.

—Oh chéri, le prit dans ses bras sa mère, le Donum ne fait pas de nous des personnes plus importantes ou plus intelligentes. Ce n’est peut-être pas l’avenir dont je rêvais pour toi, j’aurais préféré savoir te protéger de tout ça mais… je suis si fière de toi.

Le cœur d’Emmeran se serra alors qu’il se sentait pour la première fois à la hauteur de ses parents. Ivy se racla la gorge et il passa un bras par-dessus son épaule.

—Alors, prête petite fille ?

Elle se libéra de son étreinte pour montrer sa protestation face à ce surnom.

—Je vais te botter les fesses là-bas.

Et il éclata de rire.

Lorsqu’ils quittèrent enfin les souterrains, le matin s’était déjà bien épanoui sur la cité. Tous les habitants envahissaient les rues pour se rendre dans l’allée principale. La cérémonie de l’Iyali allait bientôt débuter. Les cercles de chaque famille commençaient à se former ça et là. Ivy les abandonna pour rejoindre la sienne alors que la mère d’Emmeran partit chercher son frère au pas de course.

Lorsqu’ils furent tous réunis, ils s’attrapèrent les mains et s’étendirent en cercle. Juste à temps. Le ciel se teinta alors d’une étrange couleur rougeâtre et se chargea en électricité. L’amas d’énergie força les mains d’Emmeran à serrer celles de ses parents. Incapable de se défaire de cette poigne, il l’embrassa, conscient qu’elle lui permettait de rester connecté avec les membres de sa famille pendant toute la cérémonie.

Des éclairs jaillirent alors du ciel pour se planter au centre de chaque cercle familial. Une sorte de courant électrique passa entre les veines d’Emmeran et parcourut le bout de ses doigts. Ce champ électrique semblait naître dans ses paumes et se déverser dans tout son être. Il sentait son cœur battre à tout rompre alors que son sang semblait bouillir dans l’ensemble de son corps. La sensation était inconfortable, presque douloureuse et pourtant, il avait l’impression qu’elle le nourrissait et le rendait plus fort.

Alors que sa tête commençait à lui tourner, de violents chocs électriques s’échappèrent de ses paumes vers celles de ses voisins. Il recevait de leur part le même courant, formant ainsi une onde de chocs naturelle. Celle propre à leur cercle. Celle propre à leur sang.

Au bout de plusieurs heures qui lui parurent des minutes, l’éclair disparut et le courant s’évapora laissant leurs doigts tout engourdis. Les parents d’Emmeran et son frère se rapprochèrent de lui dans une étreinte.

—Rien ne nous séparera jamais.

Et pour la première fois depuis qu’il célébrait l’Iyali, Emmeran eut l’impression que cette promesse était réelle. Ses parents lui jetèrent un air entendu. Il avait enfin le sentiment d’être à sa place et de mériter sa famille. Une nouvelle vie l’attendait.

 

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