Et si les gens n’aimaient pas ? Voilà une question qui me donne souvent la chair de poule et me transforme en flaque ambulante.

Je suis la première à dire que j’écris avant tout pour mon plaisir et sans aucune prétention. L’avis des autres à la lecture de mon livre ne devrait donc pas m’importer outre mesure. Et pourtant…

Phitanie, c’est comme mon bébé. Il a grandi dans mon imagination avant de prendre vie sur papier, et de me ressembler. Il n’a certes pas mes yeux ou mon petit nez patate, mais dans les traits et réactions de certains personnages, c’est bien une part de moi qui s’exprime, de mes expériences, de mon caractère.

Ainsi, quand mon tout premier lecteur s’est plongé dans mon manuscrit, je n’en menais pas large. Pourtant il s’agissait de ma sœur, elle me connaissait, et elle était adepte de littérature imaginaire : je ne prenais pas vraiment de risques. Mais je savais pertinemment que si elle n’aimait pas mon roman, elle me le dirait franchement.

Toutes les deux heures, je me faisais violence pour ne pas lui demander où elle en était et ce qu’elle en pensait. Au bout de deux jours, j’interprétais son silence comme la pire des sentences. Je remettais en cause l’intrigue, les personnages, le style d’écriture. Pourtant, quand le verdict est tombé, j’osais à peine y croire : elle avait aimé. Elle avait des remarques, bien sûr, et j’ai mis du temps à accepter les critiques sans avoir de pincements au cœur, mais le pire était passé : elle avait aimé.

Grâce à son enthousiasme, je me suis décidée à agrandir mon comité de lecture et 6 autres personnes ont découvert mon univers. Des amis, de la famille, des hommes et des femmes, des amoureux de littérature de l’imaginaire et son contraire, des représentants de tous âges. Je ne l’ai pas fait au même moment, si bien que chaque nouvelle lecture était un véritable supplice. J’avais peur que leur opinion sur moi change si elles n’aimaient pas mon ouvrage. Une crainte sans doute puérile qui m’habite pourtant chaque fois qu’un proche ouvre les pages de mon livre.

Evidemment, cette appréhension ne se cantonne pas au premier tome de Phitanie, et chaque nouvel opus apporte son lot de doutes supplémentaires. Et si le tome 2 n’était pas à la hauteur ? Et s’il devenait le fameux « tome poubelle » d’une trilogie ? Et si le tome 3 les décevait ? Et s’ils devinaient tout de suite la fin ? Et s’ils n’aimaient pas ?

Si, jusqu’à présent, je n’ai parlé que des lecteurs que je connaissais, qu’en est-il de vous, chers inconnus ? En théorie, vous ne pourrez pas changer d’avis sur moi à la lecture de Phitanie, puisqu’on ne se connait pas. Pour autant, en découvrant mon univers, vous vous ferez un avis sur mon style, mon histoire, mes personnages. Vous aurez un avis sur Phitanie.

Si vous aviez encore un doute, sachez donc que oui, à chaque livre, et à chaque lecteur, j’appréhende votre avis. Tout simplement parce que nous avons passé, sans le savoir, un contrat tacite lors de votre lecture : celui de vous faire passer un bon moment.

Alors pardon si tel n’a pas été le cas, et merci tout de même d’avoir voyagé en Phitanie. Surtout, merci à tous, alliés et opposants, de partager avec moi vos avis. C’est un honneur et une émotion indescriptible, à chaque fois.