Et si je n’arrivais pas à écrire autre chose ?

La rédaction de Phitanie a été une aventure particulière pour moi. Ce fut ma première véritable entreprise d’écriture romanesque, et je n’avais que 17 ans. Avant ça, je m’exerçais plutôt aux poèmes et j’ai tenté une ou deux nouvelles sans rencontrer de franche satisfaction.

L’histoire de Phitanie, j’en rêvais. Et un jour, je me suis jetée à l’eau. Je me suis mise face à mon écran d’ordinateur, et j’ai laissé les touches du clavier dessiner les contours de l’histoire d’Héloïne.

Héloïne, c’était un peu moi, un peu mes amies, un peu les héroïnes des films et des livres que dévorais. Quand j’écrivais, je vivais et je voyais les choses comme elle. Et plus facilement que je ne l’aurais cru, les pages se sont mises à défiler. Je profitais de l’emploi du temps malléable et des vacances nombreuses qu’offre l’éducation nationale d’abord en Terminale, puis lors de mes études secondaires.

L’écriture de Phitaniea donc fait partie intégrante de mon temps libre pendant 5 ans. L’histoire d’Héloïne, d’Arthus et Emmeran a occupé mes rêves et mes pensées pendant si longtemps que lorsqu’elle s’est finalement retrouvée couchée sur du papier épais fraîchement sorti d’une imprimerie, je me suis sentie vidée.

Je me suis longtemps demandée si je serais capable d’écrire autre chose. De faire autrement dans le même univers, ou de changer complètement de style littéraire. J’avais toujours aimé écrire, certes, mais n’avais-je surtout pas aimé écrire Phitanie ? Pendant plusieurs mois, peut-être même un an, rien n’est venu. Puis de premières idées ont émergé. J’ai rapidement compris que je ne pourrais pas écrire l’histoire de nouveaux personnages dans l’univers de l’Autre Monde. J’y avais déjà passé tant de temps que je me sentais incapable d’y revenir sans mes personnages. Et puis, j’avais aussi peur de perdre en créativité. Peut-être y reviendrais-je un jour, mais pour le moment, j’ai besoin de me détacher de Phitanieet de me prouver que je suis capable de faire autre chose.

D’autres idées ont donc fini par émerger. Des choses bien différentes de Phitanie, mais des choses qui me ressemblent toujours. Des sujets suffisamment inspirants pour me donner envie de retourner devant mon écran d’ordinateur et de fermer les yeux plus tôt le soir afin de me plonger dans l’imaginaire de mes nouveaux personnages.

L’inspiration, voilà un élément capital pour écrire. Mais ce n’est pas le seul. Il y a aussi le temps. Et depuis mes années d’étude, celui-ci est devenu encore plus rare et précieux. Lancée dans la vie active depuis 5 ans déjà, les journées se font plus longues, les week-ends plus courts, les vacances bien plus réduites. Et je n’arrive plus à consacrer autant de moments à l’écriture.

Il m’arrive encore de me demander : et si je n’arrivais pas à écrire autre chose ? Et si je n’arrivais pas à terminer mes nouveaux projets ?