Objectif publication. Mais dans quelles conditions ?

Si l’écriture est, pour moi, une passion, un moyen de rêver et de m’évader, elle va de paire avec la lecture. En communication, on conceptualise ça assez amplement : tout message a un émetteur et un récepteur ; et ce message passe de l’un à l’autre par le biais d’un canal. Dans notre cas, l’écrivain est l’émetteur ; son récepteur, le lecteur. Le canal, lui, peut avoir bien des formes : la voix, le papier, la tablette numérique, et j’en passe.

Aussi, quand je termine un manuscrit, je n’ai qu’une hâte : le faire lire. A mes proches d’abord, mais aussi à n’importe qui que cela pourrait intéresser. C’est là que la question de l’édition fait son apparition.

L’auto-édition

Voilà un sujet que je ne maitrise pas au mieux, je l’admets. Je sais que plusieurs plateformes, à commercer par Amazon, permettent aujourd’hui aux auteurs d’être auto-édités. Amazon s’occupe ainsi de vendre le livre sous forme numérique ou papier, et gère aussi l’impression à la demande. Il reverse ensuite ses droits à l’auteur, avec un pourcentage défiant toute concurrence. Alors pourquoi hésiter ?

D’abord, la correction du texte, la couverture, la promotion : tout est à la charge de l’auteur. A lui de se débrouiller pour faire connaitre son livre et le rendre aussi parfait que possible. Cela demande du temps, des connaissances, de l’argent aussi. Et on peut dire qu’avoir acquis une certaine notoriété peut largement aider.

Ensuite, d’un point de vue plus administratif, cela demande la création d’une auto-entreprise, avec toute la gestion que cela génère en termes d’impôts, URSAFF et évolutions législatives régulières.

Tous ces obstacles se surmontent, bien sûr. Mais étant salariée à plein temps dans une entreprise, je sais que je n’ai pas assez de temps disponible pour développer cette activité comme elle le doit. Par ailleurs, j’ai déjà eu l’occasion de créer une auto-entreprise dans le milieu de la communication, mais les évolutions législatives comme le prélèvement à la source m’ont laissée effrayée et stressée. J’ai donc mis à terme à mon auto-entreprise et ne suis pas prête à me relancer dans cette aventure pour le moment. Peut-être un jour.

Le choix de la maison d’édition

J’ai toujours écarté les maisons à compte d’auteur pour mes envois de manuscrits : c’est à l’auteur d’avancer les frais pour l’impression de ses livres dans ces structures, et cela demande donc un investissement trop conséquent pour peu de retour sur investissement.

Restent alors les maisons d’édition à compte d’éditeur : les plus petites, moins connues, et les géantes comme Hachette ou Gallimard.

Si je devais résumer, selon moi, les avantages et inconvénients de chacune, je dirais que les petites maisons sont plus familiales, avec a priori plus d’écoute et des relations plus privilégiées. Néanmoins, elles ont souvent moins de moyens financiers et donc moins de visibilité. A contrario, les grandes maisons permettent aux livres d’être très largement diffusés (librairies, salons…) et ont beaucoup plus de moyens. Elles ouvrent néanmoins moins facilement leurs portes aux auteurs inconnus, recevant beaucoup de manuscrits, et accordent moins de place à l’auteur. Tout ceci est caricaturé, bien sûr : tout n’est pas si blanc ou noir.

Comment faire un choix ?

Lorsque je termine un manuscrit, je l’envoie donc généralement à une sélection de maisons susceptibles d’être interessés, qu’elles soient grandes ou petites. Il faut souvent attendre des mois pour avoir les premières réponses. Et quand on a de la chance, on en reçoit plusieurs positives : il faut alors faire un choix.

Ce choix, je l’ai expérimenté pour l’un de mes manuscrits.

J’ai reçu une première réponse positive d’une petite maison. Larmes de joie et sauts dans l’appartement : j’ai tout fait dans l’ordre. Puis en recevant le contrat d’édition, j’ai déchanté : je devais céder les droits sur mon manuscrit à vie, et la maison ayant très peu de moyens ne faisait aucune promotion « physique » du livre (en salons, chez les libraires…). Les versions papier et numérique du livre n’étaient en réalité diffusées que par Amazon. Mais après tout, le plus important est bien que le livre soit oublié, non ? En me disant ça, je ne réalisais pas encore à quel point je dévalorisais mon travail, et aussi celui de toute la profession.

J’ai ensuite été acceptée par l’une de ces fameuses grandes maisons, mais uniquement pour un contrat numérique. Encore une fois, je me retrouvais face à un dilemme. J’étais terriblement flattée, et aussi très déçue parce que le papier est encore majoritairement préféré au numérique et que j’ai ce besoin enfantin de tenir mon livre entre mes mains (c’est ma satisfaction à moi). Et puis, l’avantage de ces géants de l’édition n’est-il pas avant tout d’avoir les moyens de rendre visibles les livres papier ?

J’étais complètement perdue, et c’est grâce à mes conversations avec des amies, en particulier Adeline et  Sophie, que j’ai finalement pu y voir plus clair. Ma chance a tourné (<3) et j’ai finalement signé un contrat avec une belle maison, pas très grande, offrant à mon manuscrit une publication papier et numérique dans les meilleures conditions.

En conclusion, et comme je l’ai appris, même si l’objectif de chaque auteur est d’être publié : apprenons à être patients et restons exigeants. Etre publié, oui, mais pas à n’importe quel prix. Pour nous et pour tous les auteurs.

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